Une coordination internationale pour relancer l’emploi
A l’occasion de la réunion des ministres de l’emploi du G20 à Washington le 20 et 21 avril dernier, l’accent a été mis sur la reprise de l’emploi. Si l’accent a été particulièrement mis sur le chômage des jeunes, ce sont tous les dispositifs de relance de l’emploi qui ont été abordés. Ainsi, l’OCDE et le BIT ont établit des recommandations, le premier sur les mesures à prendre pour endiguer le chômage des jeunes, le second sur les futures politiques de l’emploi.
A mesure que la crise se prolonge, la crainte d’une « génération sacrifiée » grandit dans de nombreux Etats. A l’occasion de la réunion des ministres de l’emploi du G20 à Washington le 20 avril dernier, l’OCDE appelle les gouvernements à mettre en place des mesure afin d’endiguer ce phénomène.
Vers une nouvelle « génération sacrifiée » ?
A l’heure où la reprise économique est déjà manifeste dans un certain nombre de pays, ce sont 4 millions de jeunes qui ont rejoint les rangs des chômeurs depuis 2007. Au total, 15 millions de jeunes sont concernés, mais ce chiffre ne doit pas cacher certaines disparités selon l’OCDE : ainsi en France et en Italie par exemple, 25 % des jeunes sont chômage, contre 40 % d’entre eux en Espagne.
Une étude de l’organisation revient sur ce problème. Dans son analyse de la situation, l’étude précise qu’un certain nombre de jeunes chômeurs sont susceptibles de connaître une période prolongée sans emploi pouvant créer des stigmates à long terme. La situation ne semble pas s’améliorer avec des prévisions d’un chômage élevé chez les jeunes jusqu’en 2011. Les plus touchés sont les jeunes sans diplômes, issus de l’immigration ou d’une minorité, et/ou qui vivent dans des quartiers défavorisés, ruraux ou isolés… Mais les jeunes diplômés ne sont pas à l’abri pour autant : « ce sont 30 % à 40 % des sortants de l’école qui risquent de connaître des difficultés durables dans leur accès à des emplois pérennes », indique le rapport.
Accompagner les jeunes et leur garantir un revenu
L ‘OCDE propose quelques pistes pour tenter d’inverser la tendance et répondre à ce phénomène inquiétant. Outre le renforcement de la formation à destination des moins diplômés, du développement de l’apprentissage ou encore d’emplois des jeunes subventionnés, l’OCDE met l’accent sur la garantie de revenus. Selon le rapport, dans les deux tiers des pays de l’OCDE, les jeunes à la sortie de l’école n’ont pas le droit à des allocations chômage sauf s’ils ont travaillé une certaine période de temps avant (de quatre mois en France à un an plus généralement). La garantie d’un revenu leur permettrait de poursuivre leur recherche d’emplois.
Ces recommandations ont été au cœur de la réunion du G20 consacrée à l’emploi et qui a conclu à la nécessite de placer l’emploi au centre de la coordination des politiques économiques. Le Bureau International du Travail a également porté sa réflexion dans se sens en préparation de ce sommet.
L’expérience pour nourrir les politiques emplois
Dans un rapport, intitulé « Accélérer une reprise riche en emplois dans les pays du G20 : leçon de l’expérience », le BIT revient sur les dispositifs mis en place depuis le début de la crise et appelle à se nourrir des expériences précédentes pour envisager la période cruciale qui s’annonce. L’analyse des politiques mises en place permet au BIT de dégager six aspects stratégiques pour les futures politiques de reprise de l’emploi :
- Ne pas désactiver de façon prématurée les mesures de relance exceptionnelles prises en 2009. En reconnaissant la nécessité d’un rééquilibrage budgétaire, la croissance reste tout de même fragile et la demande du secteur privé demeure faible dans beaucoup de pays.
- Renforcer considérablement l’articulation entre l’emploi, la protection sociale et les politiques macroéconomiques pour soutenir la reprise et tracer la voie vers une mondialisation inclusive. La croissance équilibrée de l’économie mondiale repose sur la croissance équilibrée des économies nationales.
- Tirer avantage de la poursuite d’une approche intégrée, les politiques d’emploi et de protection sociale déployées par les pays du G20 interagissant les unes avec les autres, dans laquelle plusieurs initiatives seraient combinées pour en exploiter les synergies potentielles.
- Consolider progressivement un socle social minimal dans l’ensemble des pays contribuerait fortement à l’avènement d’un développement économique et social plus équilibré.
- Réaliser le potentiel d’emplois «verts» et de technologies de production d’énergie propre serait un formidable moyen de promouvoir l’emploi et l’environnement.
- Renforcer la coordination internationale, vitale. Aux vues des écarts qui se profilent, soutenir le rétablissement de l’économie mondiale demandera sans nul doute un surcroît de coordination.
Le BIT appelle ainsi à s’inspirer de l’expérience acquise à travers les politiques mises en place depuis le début de la crise pour accéder à « une croissance vigoureuse, durable et équilibrée ». Des dispositifs qui ont permis de créer ou de sauvegarder 21 millions d’emplois en 2009 et 2010 dans les pays du G20…

Les pouvoirs publics doivent agir d'urgence pour endiguer le chômage croissant des jeunes, selon le Secrétaire général de l'OCDE
Accélérer une reprise riche en emplois dans les pays du G20: Leçons de l’expérience, Rapport préparé par le BIT avec le concours de l’OCDE pour la Réunion des ministres du Travail et de l’Emploi du G20
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