30/06/2010

Afrique du Sud : des demandeurs d’emploi découragés



La crise financière mondiale a durement touché l’Afrique du Sud, alors même que le chômage touchait un quart de la population avant la crise. Ce travail de l’Institut International du Travail de Genève (ILO) offre une meilleure compréhension de l’impact de la crise sur la situation de l’emploi du pays, et considère plus spécifiquement l’impact de celle-ci sur la motivation  des individus à chercher un emploi.

L’impact de la crise mondiale a été d’autant plus important en Afrique du Sud que celle-ci est intervenue dans un contexte économique déjà difficile. Le pays est ainsi entré en récession dès le premier semestre 2008, et cette crise s’est traduite de diverses façons en terme d’emploi. Après un focus sur les secteurs formel (qui relève de l’économie officielle) et informel (qui comprend l’économie souterraine) de l’emploi, les chercheurs étudient l’impact global de la récession sud-africaine sur la situation de l’emploi. Dans un premier temps, la baisse globale du taux d’emploi dans le pays ne s’est pas traduite par une hausse du chômage. C’est plus tard, fin 2009, que la situation de l’emploi s’est détériorée, en particulier pour les jeunes, et la population noire sud-africaine.

Pendant les premiers temps de la crise, le taux d’emploi est resté relativement stable, et les chercheurs en ont déduit que des mouvements parmi les inactifs avaient sûrement nourri la baisse du taux d’emploi qui a suivi. Parmi ces inactifs, les chercheurs ont distingué les travailleurs « découragés », c’est-à-dire des personnes au chômage, qui n’ont plus la volonté de chercher un emploi. Ainsi, plus que sur le chômage lui-même, la crise a eu un impact sur la motivation des demandeurs d’emploi.

Lutter contre le « découragement »

Ce résultat appellerait selon eux à considérer de manière plus large le statut du « chômeur », afin de considérer plus justement la proportion de personnes qui ne cherchent plus un emploi. En tenant compte de cette définition élargie, on observerait alors que la récession sud-africaine s’est accompagnée logiquement d’une augmentation du taux de chômage, et ce, dès 2008.

Bien que l’économie sud-africaine ait récemment renoué avec une certaine forme de croissance, les chercheurs estiment que le principal défi des autorités sera la lutte contre le « découragement », surtout en direction des personnes peu qualifiées. Ils appellent donc à des efforts supplémentaires en matière d’éducation et de formation. De plus, l’amélioration et le développement d’une offre de transport public ou l’octroi d’aides semblent nécessaires afin d’encourager la mobilité des demandeurs d’emploi, et réduire ainsi le « coût » de leurs recherches.


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